De 1928 à 1939

Créé en 1928, le club sochalien devient en moins de dix ans une équipe majeure du football français. De sa création à la seconde guerre mondiale, le FCSM remporte deux championnats et une Coupe de France.


Auy printemps 1929, la première équipe professionnelle du FC Sochaux

Jean-Pierre Peugeot, patron des Automobiles Peugeot décide en 1928 de construire un club de haut niveau. Le Football Club de Sochaux est né. Un an plus tard, il recrute des "vedettes" françaises et étrangères qu'il avoue officiellement payer à l'heure où l'hypocrisie est encore de mise. Le club de Peugeot est le premier à afficher ouvertement cette méthode et devient le premier club professionnel français.


Jean-Pierre Peugeot (à droite) en compagnie d'Étienne Gredy, directeur sportif du FCSM

Le Britannique Gibson devient l'entraîneur d'une équipe qui compte dans ses rangs Lozès, Mattler, Maschinot, Lehmann ou encore Boros, premières têtes d'affiche sochaliennes. Après une fusion avec l'AS Montbéliard en 1930, le club devient FCSM et innove à nouveau en proposant aux meilleurs clubs nationaux une compétition préfigurant le championnat de France. L'épreuve, qui prend le nom de Coupe Peugeot est remportée par le club sochalien la première année. Au terme de la seconde épreuve en 1932, la FFF décide d'officialiser le professionnalisme et de mettre en place un championnat unifié. Le FCSM a été un détonateur et en deux ans, s'est illustré en battant les meilleurs clubs français ainsi que les sélections nationales de Belgique et des Pays-Bas.

Le FCSM entame la nouvelle compétition avec la ferme volonté d'y triompher. La saison 1932/1933 est un galop d'essai et la suivante est manquée. Malgré la présence de grands noms, l'équipe manque de constance et Gibson en fait les frais. Il est remplacé en 1934 par Conrad Ross, un Uruguayen. Avec Roger Courtois, arrivé un an plus tôt et André Abegglen, un international suisse, l'attaque est impressionnante. Sochaux marque 94 buts, ne perd qu'à quatre reprises et est sacré Champion de France 1934/1935.


Le capitaine Étienne Mattler présente ses coéquipiers au président de la République Albert Lebrun avant la finale de la Coupe de France 1937

Si la constellation de vedettes n'est que quatrième la saison suivante, elle se rattrape en emportant la Coupe de France en 1936/1937 contre le RC Strasbourg tout en terminant le championnat à la deuxième place. Rien ne semble arrêter une équipe qui ne compte dans leurs rangs que des internationaux tels Di Lorto, Duhart, Lauri, Courtois ou Mattler. Ce dernier, qui a joué trois coupes du Monde, devient même en 1938 le recordman du nombre de sélections. En 1937/1938, le FCSM gagne son second championnat après une longue lutte avec l'OM. Ce qui permet au club de Jean-Pierre Peugeot de se construire le plus beau palmarès français des années trente.


Le FCSM est champion de France en 1938 avec une équipe quasiment composée que d'Internationaux

Au sommet de sa gloire, le club imagine une solution pour continuer à briller tout en évitant l'inflation galopante des salaires. Les dirigeants recrutent de jeunes joueurs qu'ils souhaitent aguerrir au contact de grands joueurs. Le club va rapidement avoir la possibilité de vérifier son intuition alors que la seconde guerre mondiale débute, que les joueurs étrangers fuient et que les cadres de l'équipe sont mobilisés.