L'attaquant américain du FCSM, gravement blessé en octobre dernier, est de retour en France et se confie en exclusivité. L'occasion de (re)découvrir un garçon à l'enthousiasme communicatif et à la motivation intacte.
Cela fait plaisir de te revoir en France.
Comment vas-tu ? Je vais très bien malgré le très long
voyage depuis les États-Unis. Je suis
très excité de revenir et j'ai hâte de reprendre
l'entraînement.
Ton retour en France indique que tu as
réalisé de gros progrès…
Oui. Dès le premier jour, j'ai voulu revenir
sur les terrains le plus vite possible. J'ai
fait tout ce qu'il fallait pour reprendre
au plus vite et être assuré de rejouer avec
le FCSM cette saison.
A quel niveau ta convalescence est-elle
actuellement ? J'ai suivi un long chemin et je suis peut-être
sur le point de pouvoir reprendre l'entraînement
régulièrement avec l'équipe. J'ai encore besoin
de temps pour être au niveau de performance
qu'il faut pour jouer un match. Je ne suis
pas trop loin de ce niveau.
Tu vas rejoindre Capbreton lundi. Quel
va être ton programme là-bas ?
Je vais y effectuer un renforcement musculaire.
Mon corps doit être opérationnel pour un match
de haut niveau dans la mesure du possible
et être capable de courir sans ressentir la
fatigue. Je m'attends à des exercices intensifs
et durs. Il y aura beaucoup de séances chaque
jour et je ferrais tout ce qui est possible
de faire pour rejouer et évoluer avec Sochaux
cette saison.
Peux-tu nous rappeler tout ce qui a suivi
ton accident, notamment au niveau chirurgical ? Mon fémur était cassé tout comme mon tibia.
Des plaques et des tiges ont été posées dans
ma jambe afin d'accélérer la guérison. Je
me suis aussi cassé et démis le coude. J'ai
aussi eu besoin d'une tige dans le coude.
Au niveau du visage, mon nez était cassé tout
comme le front et une pommette. J'ai aussi
eu un écoulement de sang depuis le cerveau.
Les médecins ont réalisé un grand travail.
Ça fait beaucoup ! Quel type de convalescence
as-tu dû suivre après ça ?
Mon premier jour de rééducation, je ne pouvais
même pas rester débout plus de cinq minutes.
Je ne pouvais pas marcher plus de deux mètres.
J'ai commencé comme ça. Maintenant, je peux
courir après avoir effectué un grand travail.
C'est encourageant d'être arrivé à cela.
Tu es de retour en France et tu as retrouvé
aujourd'hui tes coéquipiers… Ce sont de super sensations pour moi que
de revenir ici et de retrouver tous mes coéquipiers.
Tous étaient heureux de me revoir également.
C'était un très bon accueil et je suis heureux
de les revoir et de discuter avec eux pour
leur dire que je serais de retour pour la
fin de saison.
Avec qui as-tu été en contact ces derniers
mois ?
Avec mes meilleurs potes de l'équipe que sont
Yassin Mikari et Jacques Faty. Ils m'ont tenu
au courant de la vie de l'équipe et de tout
ce qui se passait.
Tu as forcément suivi les résultats du
FCSM… J'ai bien sûr suivi l'équipe et pris soin
de parler avec les joueurs après chaque match
afin d'en savoir plus.
Que penses-tu des dernières performances
sochaliennes ?
C'est très bien. Ils ont fait beaucoup mieux
que ce que je pensais. Il reste encore bien
sûr à faire cette saison et j'espère y participer
pour aider l'équipe à terminer dans les dix
premiers du championnat.
Seras-tu au Stade Bonal dimanche pour
la réception de Lyon ? J'y serais bien sûr et ce sera le premier
match auquel je vais assister depuis mon accident.
Je serais très excité et un peu nerveux aussi.
Le hasard fait que le premier match du
FCSM après ton accident s'était disputé face
à l'Olympique Lyonnais. As-tu vu les messages
de soutien réalisés à cette période ?
J'ai vu tous ces messages, e-mails et le reste.
Cela signifie beaucoup pour moi. Cela m'a
fait me sentir mieux, m'a encouragé dans ma
convalescence et m'a permis d'être au niveau
où je suis aujourd'hui. Cela m'a donné de
l'énergie de savoir que tout le monde espérait
me revoir sur le terrain.
Une forme d'énergie mentale ? C'était super de recevoir des messages
venus du monde entier. Les supporters du FCSM
m'ont impressionné par leur soutien et m'ont
aidé mentalement dans ma convalescence.
Tu es un compétiteur. Que t'a-t-il manqué
le plus depuis octobre ?
Jouer ! C'est sûr. Juste jouer des matches,
marquer des buts. Ce qui m'a manqué le plus,
c'est ce sentiment que l'on a quand on marque
un but. Un sentiment que j'aimerai revivre
prochainement.
Quels ont été les moments les plus difficiles
à vivre durant ta convalescence ? [réflexion] Les moments les plus durs
ont été quand je me suis réveillé à l'hôpital
sans savoir où je me trouvais et quand on
m'a raconté ce qui s'était passé. A ce moment
là, ça m'a peu touché car j'étais sous le
choc. C'est quelques semaines plus tard que
j'ai réalisé ce qui s'était passé. C'était
très difficile. Puis c'était dur de débuter
ma rééducation sans être encore capable de
marcher alors que je suis un sprinter normalement.
C'était difficile à vivre au quotidien. J'ai
survécu à cet accident et je prends désormais
la vie jour après jour en étant heureux d'être
en vie.
Vis-tu ta convalescence étape par étape
où as-tu déjà un objectif ?
J'ai bien sûr un objectif… mais je vis ma
convalescence jour par jour. Mon objectif
de retour, je le garde pour moi, mais je suis
sûr d'y arriver.
As-tu changé en tant que personne dans
cette période ? Évidemment. C'est obligatoire de
changer après une telle épreuve et que tu
passes à deux doigts de la mort. Tu vois des
choses que tu ne connaissais pas auparavant
en étant à l'hôpital ou en se déplaçant en
chaise roulante. Je ne pouvais pas utiliser
mon bras gauche. Le nerf de mon coude a été
coincé. J'apprécie désormais beaucoup plus
la vie, mais aussi le football. Le principal
est d'être quelqu'un de bien, une bonne personne
et prendre la vie jour par jour. C'est le
plus important. J'ai prié beaucoup depuis
l'accident car j'ai réalisé que j'ai été béni
d'y avoir survécu.
Peut-être veux-tu adresser un petit mot
en français aux supporters sochalien… As-tu
d'ailleurs continué à apprendre le français
?
Je n'ai pas pu continuer d'apprendre le français.
J'aimerais dire "Merci beaucoup" à tous les
supporters. Leur dire que j'ai énormément
apprécié leur soutien et leurs prières. J'ai
dû revenir de loin mais je veux les assurer
que je leur rendrais cela quand je serai sur
les terrains.